Patagonies / 2010

Passé la cordillère, l’immense plaine argentine s’étend à perte de vue sous un ciel superbe. Cette terre est vide d’hommes, vide de tout. Seul résiste l’horizon. Dans les rares villages hors d’échelle que nous croisons, le vent s’engouffre par rafales dans des rues trop larges. Il fait craquer les murs, gémir les toits. Il érode les choses et les hommes et les emporte dans un nuage de poussière. Villes abandonnées aux vents, carcasses de bateaux, pontons édentés. Les quelques hommes qui résistent au cœur de la steppe semblent bien vulnérables.