Forts de Café / 2003

Un an durant, j’ai écumé les bars et cafés de la capitale et servi un certain nombre de demis. Annabela Tournon en a fait de même pour écrire des disgressions autour du café qui enrichissent les dessins à l’encre de chine et témoignent de la magie des lieux. En route pour un voyage corsé au Pays des degrés, au Rendez-vous des Amis, au Canon de la Nation, à L’écritoire, au Café du commerce, au 10, au Notre-Dâme, à La Rotonde, au Petit Suisse, à La fontaine, au Pick-clops, au Longchamp, chez Prune, au Soleil, à La croix rouge, au Royal Monceau, au Charbon, au Fer à cheval, au Progrès, au Quartier général, aux Pipos, au Comptoir du relais, au Flandre, aux Folies,…

L’une des formes quotidiennes de l’exotisme parisien est certainement le café. La boisson, quoique très répandue conserve sa rareté comme son arôme. Ainsi n’a-t-elle jamais cessé d’évoquer un ailleurs. Comme l’usage le veut. Importé d’en… en …, le café a d’abord été l’apanage des snobs. Mais l’habitude a raison de tout : sa consommation s’est peu à peu répandue jusqu’à devenir une forme de savoir vivre propre à la capitale. Mais si c’est bien la favorite des boissons parisiennes, du moins celle des parisiens, car les touristes pestent toujours contre son amertume, elle n’a pas été banalisée pour autant. Il n’y a pas plus typique que de prendre un café à Paris. C’est faire corps avec les mœurs de la ville, s’approcher de l’idéal parisien, de ses lumières, de ses amoureux et de ses chiens, de la tour Eiffel, des caniveaux et d’une humeur dont la réputation n’est plus à faire.

Annabela Tournon