Béziers / 2013

Pour l’exposition A dos de longa, et à la demande de Bernard Salques qui était alors conservateur à Béziers, j’ai exploré le texte de Marie Rouanet “Nous les filles”. J’ai ainsi réalisé une série d’images en lien avec ce récit doux et lumineux qui raconte l’enfance et la douceur de vivre dans une ville du sud.

Monter en ville vraiment, ce qui s’appelle monter en ville, c’était affaire d’après-midi. Bien entendu il fallait une raison, mais les raisons ne manquaient pas. On montait certes, réellement, topographiquement, nous ceux de la Font Neuve, jusqu’à la miroiterie, ceux du faubourg par Canterelle- une rue vertigineusement pentue- ceux de la place Emile Zola par l’avenue Saint-Saëns, mais surtout on s’élevait, vers plus beau, plus chic, vers ce qui était la vraie vie : le centre. On s’élevait dans la hiérarchie sociale, on allait vers l’abondance, la beauté des maisons et des monuments. Comme on quittait la pénurie provinciale du quartier, on quittait aussi le vêtement qui en était le signe.

Marie Rouanet

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