Du dessin à l’estampe

Certains dessinateurs se nourrissent principalement de leur imaginaire mais pour moi le déclencheur d’une image est toujours la réalité ; un petit pan de réalité qui, par sa singularité, son étrangeté ou sa beauté, s’extrait du reste du monde pour devenir un sujet. Certains lieux ont ainsi une présence forte, une identité marquée, une âme peut-être, et s’impriment vivement en moi, comme certainement en beaucoup de gens qui prennent le temps de regarder.

Alors, piquée par la curiosité et l’intérêt, je fais le tour de mon sujet, je tâtonne. Je cherche l’angle de vue qui le révèlera. J’ai parfois l’impression d’y parvenir mais il arrive aussi que le sujet se dérobe et m’échappe. Le dessin sur le vif est ce moment précieux où je tente de saisir l’ impression première.

Et puis vient le travail de la gravure, en atelier, cette fois. A chaque étape, l’image peut prendre divers chemins. Il faut faire des choix en permanence, accueillir les accidents qui viennent enrichir la gravure tout en conservant l’essence du dessin. Enfin, il faut savoir s’arrêter, décider que c’est fini, et c’est peut-être là, le geste le plus difficile.


One thought on “Du dessin à l’estampe

  1. Matthias Répondre

    Chouette, Géraldine, on dirait un bain de révélateur argentique. Mais il y a l’huile de coude qui oeuvre. Du mouvement, de la profondeur, et la magie de la lumière!
    Je transmets à Chantal et Gérard et Arlette. Et à ma soeur peintre à Genève.
    Bise
    Matthias

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